Tintin et Le Secret de la Licorne vs. Tin(e)tin(e) and the Secret of the Unicorn

Ayant été bercée par les aventures de Tintin dans mon enfance et par l’éternel jingle de « Jouet Club » avant chaque épisode, j’ai tout naturellement sautée sur l’occasion d’aller voir le personnage fétiche de Georges Rémi (aka Hergé) revu par le père d’E.T. (aka Spielberg).

          

Bref vous l’aurez compris, aujourd’hui on remonte sur le ring pour une comparaison entre la version belge et la version américaine.

Pour être honnête, je suis sortie de la salle de cinéma un peu déçue… pour plusieurs raisons. Déjà, dans mes souvenirs de petite fille ingénue, Tintin était plus accès enquête que baston, et là, et ben, c’est le contraire !

Ensuite, je suis allée le voir en VO et du coup les personnages changent de noms et c’est très perturbant ^^ (çà, je veux bien le laisser passer parce que c’est de la traduction…). Mais bon Capitaine Haddock a un accent écossais, va savoir pourquoi et Milou n’est pas aussi mignon que dans la série de notre enfance. Je sais, je sais, il faut vivre avec son temps et dépoussiérer les mythes mais bon, je n’en pense pas moins !

Sinon plus sérieusement, ce qui m’a surtout gênée, c’est que je n’avais pas vraiment l’impression de retrouver l’histoire du Secret de la Licorne…

J’ai quand même laissé le bénéfice du doute au film et je me suis replongée dans la série et notamment l’épisode du Secret de la Licorne. Et j’étais contente de réaliser que mes souvenirs n’étaient pas si poussiéreux que çà !

En fait, du Secret de la Licorne, le film ne reprend que le tout début quand Tintin va au marché et achète le bateau. Dans la vraie histoire, cet achat a pour but de l’offrir à son ami le Capitaine Haddock mais dans la version de Spielberg ils ne se connaissent pas encore… On notera ici la première invraisemblance de ce dernier : Pourquoi Tintin veut absolument garder ce bateau si ce n’est pour l’offrir? Il n’est pas marin, on ne lui connait pas de passion pour les bateaux,… bref ce n’est pas très concluant. Cela dit en passant, sur ce même épisode du marché, Tintin paie le bateau une livre sterling… monnaie anglaise !

Mais continuons le fil de l’histoire. Le protagoniste achète La Licorne, se fait interpeller par deux personnages, Barnabé et Ivan Ivanovitch Sakharine, qui veulent absolument lui acheter son bateau. Tintin refuse. Il le pose bien en vue chez lui, mais suite à une course poursuite entre Milou et un chat le mat du bateau est cassé. Une partie tombe et roule sous le meuble. Tintin sort de chez lui et se fait cambrioler… deux fois ! Une première pour son bateau et une seconde puisque les ravisseurs n’ont pas trouver la partie qui les intéressaient. Bon ca c’est bon c’est pareil.

On retrouve bien aussi les Dupondt (notez que leur nom est Thompson en anglais) et l’histoire du voleur de porte-feuille, Aristide Filoselle. Les deux policiers hors du commun sont bien pourvus de leur porte-feuille avec un élastique. Par contre, curieuse la visite de la maison du voleur qui dure selon moi bien longtemps pour aucune raison apparente…

Barnabé vient chez Tintin mais se fait tuer devant sa porte. Et c’est là que les deux histoires commencent à diverger ! Avant de mourir, Barnabé met en avant des lettres avec son sang sur le journal du jour. Ces lettres forment le mot Karaboudjan.

On quitte la Licorne vers un nouvel animal : le Crabe aux pinces d’or (que j’ai du coup aussi visionné ces derniers jours ^^).

C’est bel et bien cette histoire qui prend le dessus dans ce film. On y retrouve la rencontre de Tintin et Milou avec le capitaine Haddock, la trahison envers ce dernier d’Allan et de Sakharine en le soulant au whisky, la ballade en barque, l’avion, le désert et l’arrivée à Bagghar ville du Nord Afrique.

Après c’est une mélange entre les trois histoires : le Secret de la Licorne, le Crabe aux Pinces d’Or, et le secret de Rakkham le Rouge.

Voila pour ce qui est des similitudes.

Maintenant, passons aux différences. Je ne vais évidemment pas revenir sur celles mentionnées plus haut 😉

Le personnage de Sakharine, pourtant secondaire dans l’histoire d’Hergé, prend une place de taille puisqu’il se retrouve propulsé au rang de descendant de Rakkham le Rouge !

Si l’on continue avec les personnages, on retrouve la Castafiore et sa capacité à casser le verre avec sa voix; bien pratique pour voler la dernière Licorne ^^

Spielberg a visiblement pensé que Milou ne devait pas être le seul animal acolyte de l’histoire, alors il a ajouté un aigle dressé et apprivoisé ! En plus, vous verrez dans le film, il a une sacré importance et il est vraiment très très fort (je pousserai peut être à dire que ça en devient presque ridicule).

Des adaptations propres aux attentes et refus du spectateur américain est aussi visible. Déjà, Capitaine Haddock jure beaucoup moins que dans la série. Ensuite, il est beaucoup plus facile de lui faire abandonner la bouteille ! Une scène, pourtant amusante, dans le désert a été modifiée. Lors de la traversée du désert, le Capitaine mort de soif, commence à avoir des hallucinations. Dans la version originale, il croit voir une immense bouteille de champagne dont il essaye de faire sauter le bouchon. Sauf que cette bouteille est en réalité Tintin et le bouchon sa tête. Spielberg ayant peur de choquer son public a transformé cette scène en révélations du capitaine concernant sa famille…

Autre adaptation très américaine : la fascination pour les armes ! On n’a jamais vu autant d’armes à feu dans Tintin. Les scènes de combat sont d’ailleurs à rallonge. Capitaine Haddock se sert même d’un bazooka !!! C’est d’ailleurs ce que je vous disais en début d’article : à la fin du film c’est ce qui m’a déçu le plus.

Il y a beaucoup trop, selon moi, d’actions dans cette adaptation de Spielberg. Même Tintin mis a part, on ressent d’avantage la succession d’actions rapides et « violentes » que d’histoire. Le rythme aussi cadencé a fini par me lasser. Ce tumulte infernal passe d’accident de voiture, à ce lui en avion puis en side-car. Tintin fait de la tyrolienne, puis s’envole accroché à un oiseau… tout çà retenu par un bout de papier.

Ah oui ! Et puis j’allais oublier ! Histoire de faire dans le très Hollywoodien : une ville est détruite. Bon pour une fois, il faut le reconnaître, ce n’est pas Paris mais une ville du Maroc : mais quand même !

Bref, beaucoup beaucoup de bruit… (pour rien ?). Ceci plaira surement à toutes les personnes qui trouvent les précédents Tintin trop « plan-plan ».

Un dernier coup de gueule : pourquoi on ne voit pas notre cher Professeur Tournesol ?? Il a quand même une place importante dans le Crabe aux pinces d’or !

Promis j’arrête là dans les critiques 😉 Parce qu’en fait, malgré mes commentaires précédents, j’ai quand même passé un moment agréable, même si selon moi le film trop éloigné de la BD et de la série télévisée.

Alors histoire de finir sur une note positive, voila ce que j’ai aimé dans cette superproduction.

Déjà, mine de rien, revoir Tintin, c’est quand même sympa. En plus, les images sont dans la globalité très bien faites. Je n’ai par contre pas trouvé d’intérêt particulier à le voir en 3D (çà ce n’est pas de la critique, c’est que je pense que sans les lunettes les images étaient quand même très belles ^^).

Les voix sont bien trouvées (je parle de la version anglaise, je n’ai pas vu la française) selon moi, elles correspondent bien aux personnages.

J’aime beaucoup les clins d’oeil fait aux autres albums et à Hergé lui-même, notamment au début lorsque ce dernier est représenté comme peintre de Tintin sur le marché 🙂 Ceci était important, puisque l’on retrouve toujours Hergé dans chacune des aventures de la série télévisée Tintin (vous ne l’avez jamais vu ?).  On retrouve aussi la bulle d’alcool qui flotte dans l’air et que le capitaine Haddock tente d’attraper : ceci nous renvoie immédiatement à On a marché sur la Lune !

Et il faut avouer que  l’humour est au rendez-vous et que j’ai quand même ris dans plusieurs passages.

Au final, je conseillerai ce film à toute personne qui aime bien les films d’actions intelligents (oui ça ne reste pas un film bourrin où le méchant tue tout le monde est basta) qui n’est pas trop attachée à l’authenticité de l’histoire de Tintin 🙂

Maintenant, testons votre connaissance de Tintin : pour quel journal est-il reporter ?

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2 réflexions sur “Tintin et Le Secret de la Licorne vs. Tin(e)tin(e) and the Secret of the Unicorn

  1. Il m’a été reproché de ne pas avoir utilisé le titre correct en anglais (dans la première version de cet article). Ceci était voulu, tentant de « franchiser » un peu la version américaine.

    Ceci pourtant à confusion je me suis permis de le changer et de mettre le titre correct 🙂

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