[Critique] Hostages avec Toni Colette et Dylan McDermott

Les critiques sont plutôt sévères pour la nouvelle série de la Fox diffusées depuis quelques semaines. Nous avions envoyé nos rédactrices de choc découvrir le premier épisode chez TF1. On va dire qu’un avis a été très vite formulé par @Festany juste après le visionnage de l’épisode pilote.

HOSTAGES – Péril en la demeure

La rentrée des séries amène avec elle son lot annuel de projets alléchants, de pitch prometteurs, et de castings prestigieux. Des projets qui, sur le papier, aiguisent évidemment l’appétit de tous les sérivores qui espèrent, au fil des séries qui s’éteignent, retrouver de dignes successeurs au feu Breaking Bad, aux mythiques Sopranos, ou au fantastique Fringe.  Parmi eux, Hostages, la nouvelle série de CBS produite par Jerry Bruckheimer, staring Toni Collette. Verdict.

Le projet. Hostages, l’une des séries les plus séduisantes de ce mois de septembre, avait fait pétiller nos yeux experts (experts oui, tout à fait) par son casting 3 étoiles. C’est donc plein d’espoirs que nous nous sommes rendues à la projection organisée par TF1 au début du mois d’octobre pour découvrir en avant première mondiale – excusez du peu – le pilot de la nouvelle série de CBS. Hostages est l’un des programme star de la rentrée de MyTF1, le service VOD de la chaîne souffrant encore d’un catalogue plutôt mince (Person of Interest, The Vampire Diaries…et toutes les séries TF1 habituelles), et qu’elle cherche à étoffer avec des séries d’envergures.

Dès le départ, un premier bon point : Jeffrey Nachmanoff à qui l’on doit déjà le scénario de l’explosif Homeland, et d’autres œuvres cinématographiques dont le grandiloquent The Day after (Le Jour d’Après) dont il assurait la réalisation, est à l’écriture.

L’histoire. Ellen Sanders (Toni Collette), brillante chirurgienne d’un hôpital de Washington DC, est une femme comblée. Deux adolescents plutôt polis, un mari (Tate Donovan) qui réussit dans la vie, et une carrière à son apogée puisqu’elle elle s’apprête à opérer le patient à la meilleure couverture sociale des USA, Mr President lui-même. La veille de l’intervention, la famille d’Ellen se retrouve prise en otage chez elle. Les hommes cagoulés sont menés par un leader charismatique (Dylan Mc Dermott),  flic spécialiste…des prises d’otages. Ils mettent alors Ellen face à un choix difficile : si elle souhaite assurer la sécurité de sa famille, le président ne devra jamais sortir de la salle d’opération vivant. Mais Ellen, qui n’a pas son serment d’Hippocrate dans la poche, ne sera pas si docile…

Dès les premières minutes, le décor est posé, et l’intrigue s’installe, plus limpide que les carreaux de ma cuisine. Les méchants ne sont pas si méchants, le mari n’est pas si gentil, les ados pas si polis. Et Toni Collette, dont on menace même le gentil toutou, ne semble pas si effrayée. A la moitié de l’épisode, on comprend déjà que le réalisateur veut placer toutes ses billes dans ce pilote, et l’on a vite l’impression de se retrouver face à un épisode 0, celui qui résume tout le reste pour ceux qui n’auraient pas pu/voulu tout suivre.

HOSTAGES CASTING

 Otages. L’affiche, si prometteuse, ne semble pas tirer son épingle du jeu. Toni Collette nous avait habituée à des rôles de femme forte brillant par leur fragilité à fleur de peau. Beaucoup l’ont découverte dans 6ème sens, où elle campait le rôle d’une mère démunie face à la terreur de son fils (qui voit des gens morts, tout le temps, s’il est besoin de vous le rappeler). Elle nous avait aussi tendrement amusée dans le film solaire de Jonathan Dayton Little Miss Sunshine. Mais c’est dans United States of Tara que Toni avait laissé éclaté ses talents d’actrice aux innombrables facettes, dans le rôle d’une femme victime d’un syndrome de personnalités multiples. Sur le papier, le personnage qu’elle campe dans Hostages joue sur le même registre : celui d’une femme volontaire au caractère affirmé, jonglant avec ardeur entre un rôle de mère, d’épouse, et de chirurgienne renommée, et ne laissant rien transparaître de ses blessures ou de ses doutes.

Oui, mais. Comme avec le reste, Hostages va trop vite. Le personnage d’Ellen, que l’on aurait souhaité volontaire mais nuancé, se révèle d’un courage surréaliste. Pas un cri, quelques larmes, aucune main tremblante face à ses agresseurs, même lorsque ceux-ci menacent ses enfants. Progéniture qui ne tarde pas non plus à tisser des liens affectifs avec les ravisseurs, à tel point que l’on se dit finalement qu’une heure devrait leur suffire pour s’échanger leur pseudos Facebook. Le mari manque de consistance, malgré un élan de bravoure semblant aussi factice que la poitrine de Nabilla. Je ne parlerai pas plus de l’intrigue. Après tout, 30 minutes de visionnage vous suffiront sans aucun doute à percer les rouages de cette saison 1. Pas la peine non plus de s’attarder sur la psychologie des personnages secondaires, sortis tout droit d’un recueil de clichés que l’on devrait définitivement interdire à la vente.

 HOSTAGES TONI COLETTE

L’enfer est pavé de bonnes intentions. A force d’abuser de raccourcis stylistiques, tant dans l’écriture que dans la réalisation, Hostages perd sa substantielle moelle : le scénario se dévoile aussi vite que les preneurs d’otages qui, aussitôt installés, ne tardent pas à faire tomber le masque. Au final, on sort frustré de ce pilote qui a voulu tout dire par peur de nous laisser partir trop vite, ce qui s’avère bien-sûr totalement contre-productif. Le contenu de cet épisode aurait sans aucun doute mérité de s’égrainer sur quelques épisodes supplémentaires, pour maintenir cette insupportable attente dont tout sérivore se délecte. Reste à espérer que la suite saura prendre sa respiration, et nous fera la surprise de personnages plus inspirés, au lieu de nous cracher d’un bloc toute ses tripes à la figure (que voulez-vous, The Walking Dead vient de recommencer).

Pour finir, une mention spéciale à TF1 qui a décidé de rendre hommage à ce départ précipité en nous spoilant une GROSSE partie de la saison 1 avec un teaser gigantesque à la fin de la projection. Not cool, guys, not cool.

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Et vous, qu’avez-vous pensé des premiers épisodes de la série ?

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